
Un événement majeur pour la science mondiale vient d’être officialisé : le Chili rejoindra très prochainement le CERN en tant qu’État membre associé. Cet accord, signé aujourd’hui même par la Directrice générale du CERN, Fabiola Gianotti, et la Ministre chilienne de la Science, de la Technologie, de la Connaissance et de l’Innovation, Aisén Etcheverry, marque une étape historique, consolidant les liens entre l’une des institutions scientifiques les plus prestigieuses du globe et une nation sud-américaine aux ambitions grandissantes en matière de recherche.
Une alliance historique qui concrétise des décennies de collaboration
L’accord scellé ce 16 mai 2025 n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’une coopération fructueuse débutée il y a plus de trois décennies. Dès 1991, un premier partenariat était établi entre le CERN et la Commission nationale chilienne pour la recherche scientifique et technologique (CONICYT). Cette relation s’est intensifiée en 2007, sous l’impulsion de la Présidente Michelle Bachelet, permettant aux institutions chiliennes de participer activement à des expériences de physique des hautes énergies. La visite du Président Gabriel Boric au CERN en 2023 a donné une impulsion décisive à cette adhésion, le Chili ayant officiellement déposé sa candidature pour le statut d’État membre associé la même année. Ce statut a été formellement accordé par le Conseil du CERN le 28 mars 2025, témoignant de la reconnaissance de l’excellence scientifique et technologique chilienne. Comme l’a souligné Fabiola Gianotti, Directrice générale du CERN : « C’est un grand plaisir d’accueillir le Chili en tant qu’État membre associé du CERN. Le Chili a de fortes traditions en physique expérimentale et théorique et en ingénierie, et son implication dans les programmes expérimentaux du CERN s’est considérablement développée et étendue au fil des ans. Ce nouveau statut marque une étape passionnante, offrant des opportunités d’élargir la coopération scientifique, de favoriser l’innovation technologique et de soutenir l’éducation et la formation. »
Le Chili, un partenaire scientifique d’envergure internationale
La décision d’intégrer le Chili en tant qu’État membre associé met en lumière la qualité et la maturité de son écosystème de recherche. La Ministre Aisén Etcheverry a salué ce moment historique avec fierté : « C’est un moment historique pour la science et la technologie chiliennes, initié en 2007 […]. La conclusion de cet accord avec le CERN aujourd’hui est une indication de la maturité et de la qualité technique de notre industrie de haute technologie, qui a été évaluée par un groupe de travail qui s’est rendu spécifiquement au Chili à cette fin et qui est fondée sur l’excellence scientifique. » Les scientifiques chiliens ne sont pas de nouveaux venus dans les arcanes du CERN. Grâce au soutien de l’Agence nationale pour la recherche et le développement (ANID) et d’instituts comme le SAPHIR Millennium Institute et le Centre scientifique et technologique de Valparaíso, des chercheurs des universités et institutions chiliennes sont déjà activement impliqués dans des expériences de pointe. Ils contribuent notamment aux détecteurs ATLAS, CMS et LHCb du Grand collisionneur de hadrons (LHC), ainsi qu’aux collaborations SND@LHC, NA64 et SHiP. Leur participation s’étend également aux expériences menées à l’installation ISOLDE et aux études préparatoires pour les futures infrastructures du CERN. Cette implication prouve la capacité du Chili à se positionner sur des projets de recherche fondamentaux à l’échelle planétaire, rejoignant ainsi d’autres nations engagées dans la quête de la connaissance des mystères de l’univers.
Des retombées stratégiques et économiques colossales pour les deux parties
Le statut d’État membre associé offre une série d’avantages concrets qui transformeront la relation entre le Chili et le CERN. Pour le Chili, cela signifie une visibilité et une influence accrues au sein de la gouvernance scientifique internationale. Le pays aura le droit de nommer des représentants pour assister aux réunions du Conseil du CERN, du Comité des finances et du Comité de la politique scientifique, participant ainsi directement aux grandes orientations du laboratoire. Surtout, les citoyens chiliens pourront désormais postuler à des postes de personnel à durée limitée et aux programmes d’études supérieures du CERN, ouvrant des perspectives de carrière inédites pour une nouvelle génération de scientifiques et d’ingénieurs hautement qualifiés. Les entreprises chiliennes, quant à elles, pourront soumissionner aux appels d’offres du CERN, stimulant ainsi l’innovation, la concurrence technologique et l’exportation de technologies de pointe. Pour le CERN, l’intégration du Chili représente un élargissement de sa communauté scientifique, un apport de talents et d’expertises variées, ainsi qu’un renforcement de sa dimension véritablement mondiale. Cela favorise également la diversification de ses sources de financement et le partage des coûts de ses infrastructures monumentales. En attirant de nouveaux cerveaux et en stimulant la compétition technologique, cette alliance contribue directement à l’avancement de la physique des particules et à la découverte de phénomènes jusqu’alors insoupçonnés.
Au-delà des particules : l’impact sur l’innovation et la société toute entière
L’importance d’une telle collaboration dépasse largement le cadre strict de la physique des particules. Le CERN, au-delà de ses découvertes fondamentales, est un véritable incubateur d’innovations technologiques qui ont transformé notre quotidien. La création du World Wide Web en est l’exemple le plus célèbre, mais de nombreuses autres avancées dans le domaine de l’imagerie médicale, des technologies de l’information et du calcul intensif sont issues des besoins de la recherche au CERN. En devenant un État membre associé, le Chili s’ouvre à un transfert de connaissances et de technologies de pointe, potentiellement bénéfique pour ses propres industries, la formation de ses futurs ingénieurs et techniciens, et l’amélioration de sa compétitivité globale. Cette collaboration renforcée entre un laboratoire européen de renommée mondiale et une nation d’Amérique du Sud démontre la vitalité de la diplomatie scientifique. Elle souligne l’importance de l’investissement dans la science fondamentale comme moteur de progrès sociétal, économique et culturel. L’Europe et la France, en particulier, bénéficient indirectement de cet élargissement, voyant leurs partenaires scientifiques s’enrichir et les opportunités de coopérations bilatérales et multilatérales se multiplier, renforçant ainsi la position du continent sur la scène scientifique mondiale.
L’intégration du Chili en tant qu’État membre associé du CERN est une nouvelle illustration éloquente de la force de la collaboration scientifique internationale. Cet accord, qui prendra pleinement effet après l’achèvement des processus d’adhésion et de ratification par le Chili, promet d’enrichir considérablement le paysage de la physique des particules, d’ouvrir de nouvelles avenues de recherche et d’innovation, et de renforcer les ponts entre les continents. C’est une victoire pour la science, pour le Chili et pour la quête incessante de l’humanité à comprendre les mystères de l’univers, avec des retombées positives potentielles bien au-delà des laboratoires, impactant l’éducation, l’économie et la technologie mondiale et confirmant le rôle du CERN comme catalyseur de progrès à l’échelle planétaire.
Mots-clés : CERN, Chili, Physique des particules, Recherche scientifique, Coopération internationale
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