C’EST OFFICIEL : Le plus grand accélérateur de particules au monde va révolutionner le chauffage de milliers de foyers français !

C'EST OFFICIEL : Le plus grand accélérateur de particules au monde va révolutionner le chauffage de milliers de foyers français !

Une prouesse scientifique habituellement dédiée à l’exploration des mystères de l’univers vient de trouver une application on ne peut plus concrète : chauffer nos maisons. Le CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, a inauguré un système ingénieux permettant de récupérer la chaleur fatale de son célèbre Grand Collisionneur de Hadrons (LHC) pour alimenter un réseau de chauffage urbain, notamment en France voisine. Cette initiative pionnière marque un tournant dans la gestion énergétique des grandes infrastructures scientifiques, transformant une perte en un gain écologique majeur.

Quand la physique des particules réchauffe nos intérieurs

Le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC), cette icône de la science moderne, est un anneau souterrain de 27 kilomètres de circonférence, principalement situé sous la frontière franco-suisse. Sa mission : propulser des milliards de particules à des vitesses proches de celle de la lumière pour provoquer des collisions et ainsi sonder les lois fondamentales de l’univers. Un tel exploit technologique requiert des systèmes de refroidissement massifs, notamment pour ses installations cryogéniques et ses aimants supraconducteurs. Ces systèmes génèrent inévitablement une quantité considérable de chaleur « fatale », habituellement dissipée dans l’atmosphère via des tours de refroidissement. Mais ça, c’était avant.

Désormais, grâce à un nouveau système d’échange thermique déployé au Point 8 du LHC, situé à proximité de la ville française de Ferney-Voltaire, cette chaleur n’est plus perdue. Depuis la mi-janvier, l’eau chaude issue du refroidissement des équipements du CERN est dirigée vers deux échangeurs de chaleur d’une puissance de 5 MW chacun. Ces échangeurs transfèrent l’énergie thermique à un réseau de chaleur urbain flambant neuf, inauguré le 12 décembre dernier, qui dessert une nouvelle zone résidentielle et commerciale de Ferney-Voltaire. Une véritable transformation pour le confort des habitants et l’environnement local.

Un impact local et des bénéfices écologiques concrets

Le réseau de chaleur de Ferney-Voltaire, alimenté en partie par le CERN, devrait fournir l’équivalent de plusieurs milliers de foyers. C’est une avancée majeure pour cette commune du Pays de Gex, qui peut ainsi s’affranchir de sources d’énergie fossiles traditionnelles, comme le gaz. En évitant le recours à ces énergies conventionnelles, ce projet permet de prévenir l’émission de milliers de tonnes de dioxyde de carbone (CO2), contribuant directement aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Le CERN, en tant que l’une des sources de chaleur principales, s’engage à fournir de l’énergie autant que possible, sans que cela n’impacte ses activités de recherche primaires. Actuellement, Ferney-Voltaire utilise jusqu’à 5 MW, mais la capacité théorique pourrait être doublée, atteignant 10 MW lorsque les accélérateurs du CERN sont pleinement opérationnels.

Même lors des phases de maintenance majeures, comme le « Long Shutdown 3 » (LS3) prévu à l’été 2026 pour préparer le futur LHC à Haute Luminosité, le CERN continuera d’approvisionner le réseau. Des installations du Point 8 nécessiteront toujours un refroidissement, permettant ainsi d’assurer un apport de 1 à 5 MW au réseau durant cette période de plusieurs années, à l’exception de cinq mois cumulés sur cette durée. Cette continuité garantit une source de chaleur fiable et durable pour la population locale, illustrant une synergie exemplaire entre la recherche de pointe et le bien-être territorial.

L’engagement du CERN pour une recherche responsable

Cette initiative n’est pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une stratégie globale et proactive du CERN en faveur de la recherche écologiquement responsable. L’organisation, certifiée ISO 50001 pour son système de management de l’énergie, met en œuvre de nombreuses actions pour minimiser son empreinte environnementale. La récupération d’énergie est une pierre angulaire de cette démarche, aux côtés de la réduction de la consommation et de l’amélioration de l’efficacité énergétique.

D’autres projets ambitieux sont déjà en cours ou planifiés. Le nouveau centre de calcul de Prévessin du CERN, inauguré en 2024, est équipé d’un système de récupération de chaleur qui chauffera la plupart des bâtiments du site dès l’hiver 2026/2027. De même, la récupération future de la chaleur des tours de refroidissement du Point 1 du LHC est prévue pour alimenter les bâtiments du site de Meyrin. Collectivement, ces initiatives devraient permettre d’économiser entre 25 et 30 GWh par an à partir de 2027, un chiffre colossal qui atteste de l’engagement profond du CERN à concilier excellence scientifique et durabilité. C’est un modèle inspirant pour d’autres grandes installations industrielles ou de recherche en Europe, démontrant qu’il est possible de transformer des « déchets » énergétiques en ressources précieuses pour la communauté.

Mots-clés : CERN, Accélérateur de particules, Récupération de chaleur, Énergie renouvelable, Ferney-Voltaire

Source : Article original

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