L’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, plus connue sous son acronyme CERN, entre dans une nouvelle ère décisive. Avec l’arrivée d’une équipe de direction profondément remaniée à partir de janvier 2026, l’institution emblématique s’apprête à redéfinir son cap pour les cinq prochaines années. Ce renouveau stratégique promet de poser les jalons des futures découvertes qui façonneront notre compréhension de l’univers et repousseront les frontières de la technologie.
Un leadership stratégique pour des défis colossaux
Le Britannique Mark Thomson, physicien des particules expérimental renommé, prend les rênes du CERN en tant que Directeur général pour un mandat s’étendant de 2026 à 2030. Sa nomination, annoncée lors de la présentation du Nouvel An au personnel, souligne la volonté de l’organisation de concilier une vision scientifique audacieuse avec une gestion pragmatique des opérations. À la tête de l’une des plus grandes collaborations scientifiques au monde, le rôle de M. Thomson sera capital pour diriger les recherches fondamentales, garantir la viabilité des projets d’envergure comme le Grand collisionneur de hadrons (LHC) et explorer les concepts de futurs accélérateurs, tout en maintenant l’équilibre entre les aspirations scientifiques, les contraintes budgétaires et la coopération internationale essentielle. Ses priorités pour les cinq prochaines années, notamment l’intégration de l’intelligence artificielle et la sécurité des données, seront déterminantes pour l’avenir de la physique des particules.
Au cœur de la machine : Accélérateurs et Recherche de pointe
Le secteur des Accélérateurs et Technologies (ATS) sera désormais sous la direction d’Oliver Brüning, physicien des accélérateurs allemand et ancien chef du projet du LHC à haute luminosité (HL-LHC). Alors que le CERN se prépare à entrer dans la phase cruciale du Long Arrêt Technique 3 (LS3), l’expertise de M. Brüning sera indispensable. Le LS3 représente une période intensive de maintenance, de consolidation et d’améliorations majeures, visant à maximiser la performance des installations pour les prochaines décennies. Il s’agit d’une étape vitale pour l’avenir des expériences et la quête de nouvelles particules. Parallèlement, le secteur de la Recherche et du Calcul (RCS) sera dirigé par le physicien des particules français Gautier Hamel de Monchenault, ex-porte-parole de l’expérience CMS. Son expérience met en lumière la symbiose essentielle entre la physique expérimentale, qui génère d’énormes volumes de données, et l’informatique de pointe, héritage du CERN en tant que berceau du World Wide Web et pionnier du calcul distribué. Le RCS, englobant la physique expérimentale, les technologies de l’information et la physique théorique, est la pierre angulaire de la production scientifique de l’organisation.
L’Ère de l’Information et des Opérations : Nouveaux piliers stratégiques
Un rôle stratégique novateur est créé avec la nomination de l’Italienne Enrica Porcari au poste de Chief Information Officer (CIO). Anciennement responsable du département des technologies de l’information, elle aura la lourde tâche de définir et de piloter la stratégie informatique globale du CERN, sa gouvernance et ses politiques. Cette nouvelle fonction souligne l’importance croissante de la cybersécurité, de la confidentialité des données et de l’intégration des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle dans un environnement scientifique de haute technologie. La gestion de l’immense quantité de données générées par les expériences du LHC exige une infrastructure informatique robuste et sécurisée. Aux opérations du site, Mar Capeáns, physicienne des particules espagnole et ancienne cheffe du département de l’Ingénierie civile et du site, prend la direction du nouveau secteur des Opérations du site (SO). Dans un rôle comparable à celui d’une Directrice des opérations (COO) traditionnelle, elle supervisera la gestion complexe de l’infrastructure physique du CERN, la protection de la santé, de la sécurité et de l’environnement (HSE), ainsi que l’amélioration des processus organisationnels. La gestion quotidienne et la pérennité d’un site aussi vaste et complexe sont des défis majeurs qu’elle saura relever.
Relations externes et gestion des ressources : Les fondations de l’excellence
La direction des Relations avec les Parties Prenantes (SR) revient à Ursula Bassler, physicienne des particules allemande et française, et ancienne Présidente du Conseil du CERN. Son expérience en gouvernance et son réseau sont des atouts précieux pour assurer le soutien financier et politique des États membres et du grand public. Ce secteur est essentiel pour la communication, l’éducation et la sensibilisation, permettant au CERN de partager ses découvertes et d’inspirer les futures générations de scientifiques et d’ingénieurs. Enfin, la gestion financière et humaine de l’organisation sera assurée par le Néerlandais Jan-Paul Brouwer, Directeur des Finances et des Ressources Humaines (FHR). Fort d’une riche expérience au sein d’organisations internationales et universitaires, y compris la Commission européenne, il aura pour mission de veiller à une gestion financière rigoureuse, aux processus administratifs efficaces et au développement des ressources humaines au sein d’une institution multiculturelle comptant des milliers d’employés hautement qualifiés. Son rôle est crucial pour l’efficience et l’attractivité du CERN sur la scène internationale.
Cette nouvelle équipe de direction, caractérisée par une diversité d’expertises et de nationalités, est prête à relever les défis complexes de la physique des particules moderne. Elle incarne la vision collaborative du CERN et son engagement à explorer les mystères de l’univers, tout en consolidant son rôle de leader mondial de l’innovation scientifique et technologique. Les prochaines années promettent d’être passionnantes, avec des avancées potentielles qui redéfiniront notre compréhension du cosmos.
Mots-clés : CERN, Physique des particules, Accélérateurs, Technologie, Leadership
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